Biais de publication
La tendance des études qui ne trouvent rien à ne jamais être publiées, ce qui donne à la littérature un optimisme qu'elle n'a pas.
Aussi : publication bias, biais de sélection des publications
Une étude qui trouve un effet est intéressante. Une étude qui n'en trouve aucun l'est moins, aux yeux des revues comme des chercheurs. Elle est donc plus souvent écartée, repoussée, ou laissée dans un tiroir.
Conséquence : la littérature disponible n'est pas un échantillon fidèle de ce qui a été étudié. Elle penche du côté des résultats positifs, parfois nettement. Quelqu'un qui lit toutes les études publiées sur un complément peut ainsi trouver un faisceau convaincant, alors que la moitié des essais menés n'ont rien montré et n'ont jamais été rendus publics.
Le phénomène s'aggrave quand les études sont petites. Un essai sur vingt personnes donne des résultats très variables d'une fois sur l'autre ; parmi ces variations, seules les plus favorables ont des chances d'être publiées.
Les revues sérieuses cherchent ce biais, notamment en regardant si les petites études d'un domaine donnent systématiquement des résultats plus favorables que les grandes. Quand elles le trouvent, elles le disent, et cela fait baisser la confiance qu'on peut accorder à l'ensemble.
C'est aussi pour cela que l'enregistrement des essais avant leur démarrage s'est généralisé : il rend visible ce qui a été tenté, même sans résultat.